Trois jours seulement après avoir été limogé de son poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko a réalisé un retour fracassant sur la scène institutionnelle sénégalaise. Élu ce mardi 26 mai 2026 à la tête de l’Assemblée nationale avec 132 voix sur 133 suffrages exprimés un seul bulletin d’abstention, aucun vote contre, le leader de Pastef devient le 14e président de l’institution parlementaire, succédant à El Malick N’Diaye, qu’il a salué dans son discours inaugural.
Le scrutin s’est tenu dans un hémicycle marqué par le boycott d’une grande partie des forces de l’opposition. Avec cette élection, Ousmane Sonko devient officiellement la deuxième personnalité de l’État après le président Bassirou Diomaye Faye.
Dans son allocution d’installation, Sonko a convoqué la mémoire de Mamadou Dia, figure tutélaire du Sénégal indépendant, pour poser les jalons idéologiques de sa présidence. Citant l’ancien chef de gouvernement, il a rappelé qu’aucun projet de transformation nationale ne peut survivre lorsque les dirigeants confondent l’État avec leurs intérêts personnels. « Une nation ne meurt pas seulement de pauvreté économique, elle peut mourir lorsque les institutions cessent d’être au service du peuple pour devenir des instruments de confort, de peur ou de calcul », a-t-il martelé.
Des mots qui résonnent comme une mise en garde adressée à l’exécutif, dans un contexte de rupture consommée entre les deux anciens alliés.
Après son élection, Sonko a affirmé ne pas souhaiter le blocage des institutions, tout en indiquant que les députés exerceraient pleinement leur rôle de contrôle de l’action gouvernementale. Une posture qui dessine les contours d’une cohabitation de fait au sommet de l’État sénégalais.
Cette recomposition institutionnelle intervient au lendemain de la nomination d’Ahmadou Al Aminou Lô, ancien cadre de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, au poste de Premier ministre.
Désormais installé au perchoir, Ousmane Sonko entame un nouveau chapitre politique depuis l’intérieur même des institutions qu’il a longtemps bousculées de l’extérieur.
