Facebook, WhatsApp, TikTok…
Et si les réseaux sociaux, souvent accusés de distraire les étudiants, étaient en réalité en train de transformer leur manière d’apprendre ? C’est la question à laquelle a répondu Hawa Kourouma, lors de la soutenance de son mémoire à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia-Conakry (UGLC-SC), dans le cadre du Master Acteurs Sociaux et Développement Local (MASDEL), sous la direction du Professeur Mohamed Moustapha Diop.

Face à un jury présidé par le Dr Soumahila Bayo, avec le Dr Abdoulaye Fofana comme rapporteur, la récipiendaire a défendu un travail qui bouscule les idées reçues : les réseaux sociaux ne sont plus de simples espaces de loisirs pour les jeunes Guinéens. Ils sont devenus, qu’on le veuille ou non, de véritables salles de classe parallèles lieux d’échange, de partage de cours et de construction de savoirs entre pairs.


Mais attention, prévient l’étude : la médaille a un revers. Portée par la théorie de l’intelligence collective, la recherche démontre que ce n’est pas l’outil qui fait la différence, mais l’usage qu’on en fait. Un même smartphone peut ainsi propulser un étudiant vers la réussite… ou l’engloutir dans une distraction sans fin. Tout est une question de discipline et d’accompagnement.

C’est là tout l’enjeu soulevé par Hawa Kourouma : l’université guinéenne doit cesser de subir le numérique et commencer à le piloter. Son message est clair sans stratégie institutionnelle forte, la connectivité restera un potentiel gâché ; avec un encadrement pédagogique adapté, elle peut devenir un formidable moteur de réussite académique.



Une soutenance qui n’a pas manqué d’émouvoir. Le directeur de mémoire, le Pr Mohamed Moustapha Diop, a tenu à saluer un parcours de longue haleine : sept années d’engagement depuis l’inscription de la candidate en 2019, ponctuées de missions de terrain sur des sujets aussi sensibles que la migration ou la santé publique en Afrique de l’Ouest. Le jury, lui, a salué la rigueur de la méthodologie, tout en interpellant les autorités universitaires sur l’urgence de bâtir une véritable politique numérique dans l’enseignement supérieur.

