Boké : le projet SARITEM lance la restauration de la mangrove et l’aménagement des périmètres rizicoles de Kapatchez

Boké : le projet SARITEM lance la restauration de la mangrove et l’aménagement des périmètres rizicoles de Kapatchez

Une étape clé vient d’être franchie dans la plaine de Kapatchez, à Boké, avec la remise officielle des parcelles aménagées du périmètre rizicole de Songolon. Porté par le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, le Projet d’Appui aux Systèmes d’Activités Rizicoles en Territoire de Mangrove (SARITEM) marque ainsi le début effectif des activités agricoles sur ce site, avec un double objectif : renforcer la production rizicole et préserver les écosystèmes de mangrove.

Le périmètre repose sur une digue de rétention longue de 1 700 mètres linéaires, équipée de quatre ouvrages. Deux ouvrages de communication assurent la circulation de l’eau entre l’amont et l’aval du périmètre pendant la saison des pluies, permettant d’alimenter les parcelles situées en aval. Un déversoir de 150 mètres linéaires permet quant à lui d’évacuer le trop-plein d’eau retenue par la digue. À sa sortie, un ouvrage de régulation à six passes, muni de batardeaux en bois, permet de réguler le niveau du plan d’eau en amont.

Selon Elhadj Saïkou Yaya Baldé, coordinateur du projet SARITEM, les effets sur les rendements sont déjà tangibles : « Avant l’aménagement, nous étions à 700 kilogrammes à l’hectare. Aujourd’hui, après l’aménagement, nous sommes à près de 3 tonnes à l’hectare. »

Un appui à la mécanisation agricole

Le projet s’accompagne d’un mécanisme de subvention destiné à faciliter l’acquisition de tracteurs par les producteurs. L’État prend en charge 40 % du coût d’achat. Concrètement, pour un tracteur d’une valeur de 100 millions de francs guinéens, l’État en finance 40 millions ; le producteur ne règle qu’un acompte sur le solde restant de 60 millions, remboursable sur une période pouvant aller jusqu’à quatre ans.« C’est une opportunité exceptionnelle offerte aux producteurs pour s’équiper massivement en matériel agricole », a souligné le coordinateur du projet.

Financé par l’Agence Française de Développement et le gouvernement guinéen, le projet SARITEM vise à concilier productivité agricole et préservation des écosystèmes fragiles de mangrove. Le Lot 1 des travaux, confié à un opérateur local, a permis l’aménagement de 470 hectares de périmètres rizicoles sur la plaine de Kapatchez, dans la Commune rurale de Kolaboui. Ces aménagements incluent des infrastructures d’irrigation destinées à sécuriser et améliorer durablement les rendements.

Pour Stéphane de Guers, conseiller technique au ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, ce chantier s’inscrit pleinement dans la vision Simandou 2040 : « La ligne directrice donnée dans le cadre du programme Simandou 2040, à travers son premier pilier consacré à l’agriculture, trouve ici une réalisation concrète sur le terrain. On le voit en parcourant la digue et cet aménagement. Félicitations à l’équipe du projet et à l’ensemble des partenaires qui ont mobilisé des moyens pour la réalisation de ces chantiers importants. »

À ce jour, plus de 20 hectares de mangrove ont déjà fait l’objet d’actions de reboisement, réparties sur quatre localités : Yatia, Songolon, Pougoussa et Baminary.

Katako, un exemple d’accompagnement intégré

Nima Bah, chef de cabinet au ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, a mis en avant l’appui apporté à la localité de Katako, qui a bénéficié de parcelles aménagées, d’un centre de décorticage et d’étuvage, ainsi que d’un magasin de stockage. « Cela permet aux agriculteurs de la zone de mener leurs activités comme il se doit. Mais comme vous le savez, ce n’est jamais suffisant en agriculture : il y a toujours besoin d’appui. Aujourd’hui, ils ont besoin de matériel et d’outillage, notamment de motoculteurs, pour les accompagner dans leurs travaux », a-t-elle indiqué.

Cette approche intégrée combinant aménagements hydro-agricoles, mécanisation et restauration environnementale illustre la volonté des autorités guinéennes de promouvoir une agriculture résiliente, capable de répondre aux enjeux de sécurité alimentaire tout en garantissant la pérennité des écosystèmes de mangrove.

Souleymane CAMARA

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