École primaire de Mangata : un cri de détresse pour la sauvegarde d’un patrimoine éducatif

École primaire de Mangata : un cri de détresse pour la sauvegarde d’un patrimoine éducatif

Construite en 1957, un an avant l’indépendance de la Guinée, l’école primaire de Mangata-centre est bien plus qu’un simple établissement scolaire. Véritable sanctuaire pour les 1 074 élèves qui y étudient, elle a formé des générations de cadres qui contribuent aujourd’hui au développement du pays. Pourtant, ce symbole d’espoir et de progrès est aujourd’hui menacé par un délabrement avancé, plongeant l’avenir de toute une communauté dans l’incertitude.

L’établissement ne compte que huit salles de classe pour accueillir 1 074 élèves, un effectif largement supérieur aux normes en vigueur. Les toitures, percées par endroits, et les murs, rongés par l’humidité, se dégradent un peu plus chaque jour. Dès les premières pluies, l’eau envahit les salles, rendant tout apprentissage impossible et compromettant déjà la prochaine rentrée scolaire.

« Notre école a été créée en 1957, un an avant l’indépendance de la Guinée. C’est un patrimoine. Pourtant, aujourd’hui, elle est très dégradée. Nous ne disposons que de huit salles de classe pour accueillir 1 074 élèves. Les effectifs sont largement supérieurs aux normes », déplore le directeur, M. Traoré.

À cette dégradation s’ajoute la situation personnelle du directeur : le logement de fonction qui lui avait été promis dès sa prise de poste reste, à ce jour, dans un état si déplorable qu’il demeure inutilisable. Les sanitaires de l’établissement, eux aussi hors d’usage, doivent être entièrement reconstruits.

Face à cette urgence, le directeur lance un appel solennel à l’État guinéen, mais aussi à toutes les personnes de bonne volonté. Il interpelle particulièrement les ressortissants de Mangata, de la sous-préfecture, de la préfecture de Cora et de toute la région, qu’ils résident en Guinée ou à l’étranger.
« Investir dans l’éducation, c’est investir dans l’avenir de notre communauté. Cette école a formé des générations de cadres. Qu’ils se souviennent de leurs racines, qu’ils pensent à cette source qui les a nourris, et qu’ils viennent, à leur tour, tendre la main à ceux qui marchent sur leurs pas », implore-t-il.

Alseny Soumah, citoyen de Mangata, témoigne avec émotion :
« Notre école est dans une situation très difficile. Les enfants y apprennent dans des conditions dures, mais elle reste pour eux un véritable sanctuaire. Les salles de classe sont abîmées : les toits sont endommagés, les murs sont dégradés, et dès qu’il pleut, l’eau envahit tout. Si rien ne change, nous serons contraints de fermer certaines classes à la prochaine rentrée. Les conséquences seraient désastreuses pour l’éducation de nos enfants et pour l’avenir de toute notre communauté. »

Le cas de Mangata n’est pas un cas isolé. À l’intérieur du pays comme dans la capitale, les écoles publiques guinéennes sont confrontées à des conditions d’apprentissage précaires, à un manque criant d’enseignants et d’équipements. Sans intervention rapide, l’école de Mangata-centre risque de fermer certaines de ses classes dès la prochaine rentrée, avec des conséquences lourdes pour l’avenir éducatif de toute une génération.

Souleymane CAMARA

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